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Anastasia Simonin et Kazuo Marsden

Vivent et travaillent à Marseille

Diplômés des Beaux-Arts de Marseille

@anastasiasimonin

@kazuo_marsden

Anastasia Simonin et Kazuo Marsden souhaitent provoquer des réactions : une démangeaison tactile, une envie de sentir, de presser, de s’asseoir et de se frotter. Iels cherchent, à l’aide d’astuces et de ruses, des moyens de convier les spectateurs et spectatrices à s’insérer dans leur univers parsemé de récits de relations interspécifiques et géologiques. Iels sont mus par la volonté de créer de nouvelles histoires où les choses et les êtres interfèrent entre eux sans cesse, loin des schémas normatifs et individualistes des naturalistes.

Par des jeux d’analogies, iels explorent de bizarres mutations entre objets, espèces végétales, animales, roches et autres éléments composant notre environnement. Iels rêvent que la lune a eu une poussée d’acné, qu’iels sont dans le corps d’une abeille qui se love dans une orchidée, que leurs enfants sont des larves de béton, que des légumes envahissent leurs espaces de vie en s’infiltrant par les conduits. Ces visions les aident à élargir leurs points de vue où l’agentivité y est magnifiée.

Le trouble s’invite dans leur manière de travailler par le fait même de leur collaboration faite de compromis et d’incertitudes à partir d’un dialogue constant entre leurs deux voix. Le dessin a une place infime dans la conception de leurs formes, c’est principalement entre leurs mains qu’elles se définissent dans la matière et l’espace. C’est par la taille du bois, de la pierre, le moulage et le modelage qu’ils imaginent leurs sculptures en testant différentes matières et sensations.

Iels puisent leurs motifs dans des écrits éco-féministes et de science-fiction féministe, entre autres, des livres d’Ursula K. Le Guin, River Solomon et Becky Chambers. Dans ces écrits s’ouvre un univers de possibles où corps, cultures et relations évoluent dans des environnements changeants. Pour eux, la fiction est un moyen de sortir d’un regard anthropocentré et d’imaginer la continuité d’une vie sur terre vouée à un changement constant. C’est aussi un moyen de penser la vie d’aujourd’hui et de s’interroger sur comment penser un futur condamné. Ce fatalisme se transforme alors en une manière de célébrer la vie.

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