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60 ans d'histoire

Tout commence en 1955 lorsque la Ville de Montrouge confie à l'artiste montrougien Marcel Derulle l'organisation d'un Salon d'art. On est alors bien loin de penser que 60 ans plus tard, le Salon de Montrouge existerait toujours et continuerait à soutenir la jeune création artistique.

1955-1964 : les débuts prometteurs qui dépassent les frontières de Montrouge pour s’étendre au Montparnasse…

La Municipalité, dirigée par Jean Mongard, confie alors le commissariat de ce premier Salon à Marcel Derulle.

Le peintre, habitant place Jules Ferry et âgé alors de 53 ans, a déjà une carrière artistique derrière lui. Diplômé de l'école des Beaux-arts de Paris, il expose en 1924 au Salon des Indépendants, en 1932, au Salon d'Hiver, puis de 1935 à 1950 au Salon des artistes français... Il effectue de grandes décorations murales, notamment dans de grandes brasseries alsaciennes à Paris comme Chez Jennyoù vous pouvez toujours aujourd'hui admirer ses peintures murales. Le Salon est à son image et celle de ses amours en mettant à l’honneur les « Beaux-Arts ».
Si le Salon de Montrouge ne présente en 1955 que le travail d'artistes montrougiens dans la salle des fêtes du Centre administratif de l'époque (Le Beffroi aujourd'hui), il étend son emprise d'année en année. Du 14 au 31 mai 1964, sous la direction de Marcel Derulle, il accueille ainsi des peintres, des sculpteurs professionnels… en particulier artistes de Montparnasse.

Lire la biographie de Marcel Derulle


1965-1975 : Léger, Lurçat, Picasso, Amaury Duval, Rodin…

Pierrette Cour reprend, avec toute son énergie, le flambeau après le travail remarquable de Marcel Derulle. Le Salon de Montrouge, devient le Salon de toutes les tendances. C’est d’ailleurs à l'occasion du 11e Salon qu’apparaît pour la première fois le terme « art contemporain ».
Le Salon, à l’origine porté par une équipe d’artistes et d’amis, se professionnalise en créant des expositions autour d'un personnage, d'un thème ou d’une rétrospective. Ainsi, Fernand Léger inaugure la formule en 1965 suivi de Albert Marquet en 1966 (46 œuvres exposées), Jean Lurçat en 1968 (17 œuvres exposées) et encore Pablo Picasso pour la 15e édition en 1970 (27 œuvres exposées) ou Amaury Duval en 1974 (32 œuvres exposées). Le Salon n’est plus uniquement une exposition, il devient un événement en accueillant des soirées poétiques et musicales, des spectacles comme le « son et couleur » de Paul Héry en 1967, un festival de théâtre d'animations en 1968, une exposition de maquettes, de décors et de costumes de théâtre. Le tout est orchestré par le jeune Frédéric Blin, fils d’André Blin, créateur des Marionnettes à fils de Montrouge et collaborateur du Salon depuis sa création.

Lire la biographie de Pierrette Cour


1976-2004 : Dali, Braque, Bonnard, Alberola, Tatah, la création contemporaine

A partir 1976 et pour les décennies qui suivent, le Salon est entièrement consacré à ce qui passionne alors la nouvelle Commissaire artistique, Nicole Ginoux-Bessec : l’art contemporain.
Le temps des rétrospectives continue avec de grands noms comme Kees Van Dongen, Salvador Dali qui est à l’honneur en 1977, Georges Braque l’année suivante remporte également un grand succès avec 28 huiles réalisées entre 1900 et 1962, une quinzaine de dessins, de gouaches sans oublier les lithographies et les sculptures. Suivent entre autres Pierre Bonnard, Jacques Villon, Otto Dix, Raoul Dufy, Chaïm Soutine, Victor Brauner, Francis Picabia, etc. Certains Salons sont entrecoupés par des expositions thématiques telles que Montrouge-Montrouge de 1920-1960 pour le 33e Salon qui rend hommage aux plasticiens célèbres qui ont vécu à Montrouge. Ils ne sont autres que Etienne Boethy, Jean Dewasne, Robert Doisneau, André Fougeron, Fernand Léger, Véra Pagava, Ernest Pignon Ernest, etc.
La collection du galeriste Karl Flinker présentée au 36e Salon de Montrouge en 1992 est l’occasion de montrer aux visiteurs des peintures de Jean Helion, Vassily Kandinsky, Paul Klee, Yves Klein, Frank Kupka, etc.

Le Salon de Montrouge devient également un passage incontournable dans la carrière de l’artiste. Certains sont mêmes reconnus par les Prix du Conseil général, le Grand Prix du Salon, le Prix de Peinture, le Prix de Sculpture, le Prix de Dessin, le Prix du Conseil municipal. Jean-François Lacalmontie expose ainsi en 1980, Corine Ferte et Hervé Di Rosa en 1981, Georges Rousse en 1982 et 1989, Catherine Viollet en 1983 et 1984 (Prix de Peinture), Isabelle Champion-Metadier en 1983 (Prix de Peinture), Pierre Yves Bohm et Yannis Kottis en 1984 (Prix Spécial Du Jury), William Mackendree en 1985 et 1989 (Prix de Peinture), Anne-Marie Jugnet en 1987 et 1989 (Prix de Dessin), Claude Buraglio en 1994, en 1996, en 2009, Jo Vargas en 1994 et 2005, Pascal Pinaud en 1993 (Prix de Peinture), Tony Soulie en 1995 et en 2005 (Prix de Peinture), Carole Benzaken en 1996, Michèle Sylvander en 1996 (Prix de Dessin) et Valérie Favre en 1996 (Prix de Peinture), etc.
C’est également le cas de l’artiste invité d’honneur du 60e Salon de Montrouge en 2015, Jean-Michel Alberola qui a exposé en 1981, 1982 et 1983.
Parmi les artistes cotés aujourd’hui sur le marché de l’art, Djamel Tatah obtient le Prix de Peinture en 1992 lors du 37e Salon de Montrouge. Jacques Bosser expose au Salon en 1997 et 2005 (Prix Spécial du Jury).

L’année 2000 est marquée par la création d’une nouvelle section au sein du Salon de Montrouge, une section européenne appelée Salon de la Jeune Création Européenne.

Depuis 2007, devant l’accroissement des pays partenaires, la section est devenue une exposition itinérante dans toute l’Europe : la Biennale Jeune Création Européenne.

Lire la biographie de Nicole Ginoux-Bessec


2005-2008 : plus de reconnaissance des professionnels du monde de l’art, plus la visibilité des artistes

À l’occasion de l’anniversaire évènement – le Salon fête alors ses 50 ans – la Ville de Montrouge confie le commissariat artistique à Alain Lamaignère. Fondateur et directeur de la Galerie Lamaignère Saint-Germain jusqu’en 1993, Alain Lamaignère est également co-fondateur de Découvertes au Grand Palais et d’Art Paris en 1999. Il prend en charge la direction artistique de la Foire d’art contemporain de Strasbourg St'art de 1995 à 2000 et celle du Salon d’Angers de 1997 à 2000. Il est aussi le créateur et directeur artistique de Medit'Arts et de la Biennale de Tanger.

Sa réussite tient aux actions menées pour attirer les professionnels de l’art sur ce Salon et accroître ainsi la visibilité des artistes sélectionnés. Concrètement, Alain Lamaignère a donc fait appel à un large panel d’écoles des Beaux-Arts françaises et a ouvert le Salon à des artistes travaillant dans les ateliers indépendants mais tous, en début de carrière et sans lien avec le réseau commercial. Ces jeunes artistes sont parrainés en toute liberté et indépendance par les anciens artistes devenus célèbres.

Si sous le commissariat de Nicole Ginoux, 240 artistes étaient exposés en moyenne, Alain Lamaignière choisit de n’exposer que 100 jeunes artistes sélectionnés sur plusieurs centaines de dossiers reçus.

Et pour donner un ton unique à chaque édition du Salon et être toujours plus attractif, un « salon bis » avec des thématiques plus ouvertes est créé. En 2006, parallèlement à la section Découvertes des artistes, une section intitulée L’Éphémère, le fugitif et le multiple présente les tendances des jeunes artistes déjà connus et rend hommage aux éditions Maeght, installées à Montrouge avec une salle entière d’éditions exceptionnelles dont des lithographies de Juan Miro jamais montrées auparavant. En 2008, pour le 53e Salon de Montrouge, c’est le passé artistique de la Ville de Montrouge qui est évoqué avec une exposition de photographies de Salvador Dali réalisées quand il venait corriger ses livres édités par l’imprimerie Draeger située à côté de la Mairie.

En 2007, la Ville de Montrouge cherche à accentuer l’initiation des jeunes Montrougiens à l’art contemporain. La Journée interdite aux parents ainsi que le Prix Kristal décerné par un jury d’enfants sont créés à l’occasion du 52e Salon de Montrouge. Résultats : plus de 10 000 visiteurs viennent au Salon de Montrouge !

Lire la biographie d'Alain Lamaignère

Photo du vernissage du 50e Salon Vernissage du 50e Salon de Montrouge du 28 avril au 18 mai 2005

Photo de la première journée interdite aux parents Première Journée interdite aux parents est lancée en 2007

2009-2015 : accélérateur de carrière

En 2009, la Ville de Montrouge choisit un nouveau commissaire artistique Stéphane Corréard. Après avoir été rapporteur pour la Villa Médicis, Académie de France à Rome et membre du comité de sélection du Prix Marcel Duchamp, Stéphane Corréard devient en 2011 Directeur du département Art contemporain de l’Étude Cornette de Saint-Cyr et chroniqueur à Libération Next.

Pour faire en sorte que le passage d'un artiste au Salon de Montrouge devienne un véritable « accélérateur de carrière », le Salon de Montrouge prend une nouvelle forme.

Exposer au Salon de Montrouge dans ces conditions devient l'assurance d'être vu par un grand nombre d'amateurs et de professionnels du milieu de l'art. 91 % des anciens artistes du Salon disent ainsi avoir enrichi leur réseau professionnel durant le Salon et 80 % de ces nouveaux contacts ont débouché sur de nouveaux projets*. En 2015, 27 000 visiteurs ont été accueillis au Salon.

Lire la biographie de Stéphane Corréard

* Étude réalisée par Ekimetrics en 2015

Depuis 2016 : le renouveau

Après une 60e édition couronnée de succès, le Salon entame un profond renouvellement en faisant appel à l’analyse esthétique rigoureuse d’Ami Barak, l’un des catalyseurs les plus actifs de la scène artistique contemporaine (ancien directeur du Frac Languedoc-Roussillon, président de IKT -International Association of Contemporary Art Curators, directeur artistique de la Nuit Blanche en 2003 et 2004…).

Clin d’œil "60 ans d'histoire..."

1959 – 4e Salon de Montrouge
Eugène Leliepvre, Montrougien, peintre officiel de l’armée, expose au Salon. Il sera fait Chevalier de la légion d’honneur.

1960 – 5e Salon de Montrouge
Hommage posthume à Auguste-Lucien Bognard, Montrougien et dessinateur de talent

1961 – 6e Salon de Montrouge
Robert Doisneau, Montrougien et fidèle du Salon, expose au Salon 5 photographies expérimentales pour un projet avec Maurice Baquet.

1962 – 7e Salon de Montrouge
Le peintre Albert Prat est une valeur montante de l’Abstraction Lyrique pour les collectionneurs avertis. Il expose régulièrement.

1963 – 8e Salon de Montrouge
Le salon met à l’honneur un groupement d’artistes, le groupe « Ligne 4 », qui comprend des talents reconnus dans les années 60 et celles qui suivront ! François Willi Wendt, Karskaya, Jean Milo…

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