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Pauline Bastard

Son œuvre :
Unnamed, sur les panneaux publicitaires du 27 avril au 3 mai - Dans toute la ville

Voir l'image en grandDans le travail de Pauline Bastard, il y a comme un sentiment d’étrangeté, qu’elle suscite grâce à un procédé de mise à distance de notre réalité. L’artiste interroge nos codes identitaires et par là même, notre définition de la notion d’identité.
Avec Alex, l’artiste créait de toutes pièces un individu. Employant un acteur pour incarner ledit Alex pendant plusieurs mois, elle a travaillé à la construction de ce personnage ex nihilo. Être ou exister, tel était l’enjeu de ce projet. Devenir quelqu’un en société, par le travail, la recherche d’un appartement, le contact aux autres… Comme un espion, Alex est né pour exister le temps d’un projet.
Avec Unnamed, Pauline Bastard prolonge sa recherche sur l’identité, en créant de nouvelles formes d’individus. Ainsi, elle réalise une galerie de portraits qui, tous, surprennent. Ils sont jeunes, beaux et attirants, ils nous ressemblent et nous dérangent. Qui sont-ils ? Ces visages, pourtant si humains, sont réalisés à la manière de patchworks. Ils ont tout de réel, mais sont le résultat de compositions intrigantes. Un mélange coupé et remonté pour produire un faux. Le malaise que l’on ressent à les regarder n’est autre qu’un sentiment de déjà-vu : un cousin inconnu, une ressemblance parasitée. L’essence humaine est ainsi recréée pour mimer les êtres que nous sommes avec cette légère imperfection due au principe du montage et qui frise parfois la monstruosité.
L’artiste a choisi d’investir les panneaux publicitaires de la ville de Montrouge comme lieux de monstration de ces avatars humains et d’en décliner certains sur le mobilier promotionnel des espaces du Beffroi. Leurs visages s’infiltrent dans notre quotidien – comme autant de publicités auxquelles nos yeux sont habitués – pour révéler le procédé à l’oeuvre dans le développement de l’identité sociale.
Marie Gautier, directrice artistique du 62è Salon de Montrouge

Biographie

Pauline Bastard (née en 1982 en France) vit et travaille à Paris. Elle a étudié à l’Ensba et à New York (NYU). En 2009, elle a participé au 54e Salon de Montrouge.
Ses installations racontent les expériences qu’elle met en place. Dans Les États de la matière (2013), elle achète une maison et la disperse dans la nature. Avec Alex (2015, prix Audi Talents Awards), elle invente une personne et l’intègre dans la société. Ses projets ont fait l’objet d’expositions personnelles (Collège des Bernardins, Galeria Joan Prats, 18th Street Art Center) et elle a participé à de nombreux festivals, résidences et expositions collectives (Hors Pistes, Flux Factory NY, Biennale de São Paulo).

Photo : Unnamed, 2017

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