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Vincent Ceraudo

Son œuvre :
Test Strips, 2017, sur les panneaux publicitaires du 27 avril au 3 mai - Dans toute la ville.

Voir l'image en grandDans son atelier amstellodamois, Vincent Ceraudo m’introduit à sa quête artistique aux limites du visible, où se révèle, au fur et à mesure de chaque projet, une réalité incertaine qui met à jour la force illusoire de la perception. D’une première expérience filmique pour laquelle il convoque des personnes dotées de capacités de perception extrasensorielle à son film le plus récent, tourné à l’observatoire créé en 1883 par Camille Flammarion et où médium, hypnotiseur, télépathe et enquêteurs paranormaux explorent un lieu qui leur est anonyme, l’artiste déploie une oeuvre filmique et photographique au travers de laquelle il tente de capturer ce qu’il nomme « réalités flottantes » ou dimensions de réalité échappant au seul mécanisme de perception cognitive. L’ensemble de son oeuvre s’inscrit ainsi en rupture avec une histoire de la représentation qui, depuis l’avènement du système perspectif jusqu’aux récents développements technologiques, n’a de cesse d’infirmer l’espace psychologique de l’imagination et du désir ainsi que leur capacité de résilience.
Vincent Ceraudo mène aujourd’hui une recherche autour des « expériences de sortie de corps », au cours desquelles le sujet a la sensation de flotter au-dessus de son corps et de l’apercevoir immobile. Bien souvent qualifiées d’hallucinatoires ou de post-traumatiques, ces expériences posent la question de la labilité de notre présence et ouvrent sur un invisible de soi, un « dehors » ou un « excès » qui échappe à la dimension de la perception et se remet en jeu ailleurs, à l’instar de l’image qui tient sa puissance du fait qu’elle circule sans support figé : forme privée de matière, elle se recompose à chaque regard, à chaque conscience qui s’y projette.
Depuis son arrivée à Amsterdam, l’artiste s’intéresse également à un ensemble de psychotropes, tels que la DMT et la Salvia, susceptibles de reproduire la sensation de sortie de corps. Tel un alchimiste, il a réalisé en chambre noire une série de photogrammes obtenus par application sur la surface photosensible desdites substances. S’il s’agit pour l’artiste d’une première tentative de mettre en forme ses recherches récentes, sa décision de présenter cet ensemble sur des panneaux publicitaires n’est pas anodine. Là où l’image publicitaire impose un territoire aux frontières assises, les photogrammes de Vincent Ceraudo offrent une image latente qui réserve un écran où le désir peut venir s’inscrire, à la manière des tracés imaginaires que les augures antiques projetaient dans le ciel. Un tracé qui, plus que de l’espace, tient du temps : celui de l’attention qui, invisible, permet de rendre visible, c’est-à-dire de partager !
Lore Gablier, chargée de programme au sein de l’European Cultural Foundation (ECF) à Amsterdam

Biographie

Vincent Ceraudo (né en 1986 en France) vit et travaille à Amsterdam. Il a étudié à la HGB de Leipzig (Allemagne), à la Villa Arson de Nice et au Fresnoy-Studio national des arts contemporains (France). En 2013, il a participé au 58e Salon de Montrouge. Il a participé au programme de la Skowhegan School of Painting and Sculpture dans le Maine (États-Unis) et il est actuellement en résidence à De Ateliers à Amsterdam (Pays-Bas). Son travail vidéo a été montré en France, aux États-Unis, en Italie, en Espagne et en Australie. Vincent Ceraudo a été lauréat en 2014 du prix du Salon Art-O-Rama, en 2015 de la bourse Mécènes du Sud, de la bourse de la Casa de Velázquez et de la bourse de résidence de la Fundación Botín-Villa Iris.

Photo : Test Strips, 2017, photogrammes réalisés en imprégnant différentes drogues sur des négatifs photographiques, dimensions variables

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