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Clément Cogitore

Son œuvre :
Le Chevalier Noir, sur les panneaux publicitaires du 1er au 31 mai - À hauteur du 83 avenue Aristide Briand et sur la place Jean Jaurès

Voir l'image en grandAu centre d’un panneau publicitaire de la ville de Montrouge, nous distinguons à peine la silhouette d’un homme à cheval, enveloppé dans un espace sombre aux contours indéfinis. Il s’agit d’une oeuvre de l’artiste et cinéaste Clément Cogitore, qui, avec ses films, photographies, installations et performances, nous plonge dans un imaginaire fantastique, bien que profondément lié à notre quotidien. En regardant avec plus d’attention les reflets de lumière qui dessinent l’armure du chevalier, nous reconnaissons en effet une présence ambiguë : celle, à la fois familière et détournée, d’un CRS en tenue antiémeute.
Oscillant entre présent et passé, entre réel et surnaturel, l’oeuvre de Cogitore se fonde sur des principes de superposition de différents horizons culturels et contingences esthétiques pour créer une sorte de mythologie visuelle contemporaine. Cette image est le résultat d’une hybridation formelle – entre les diverses représentations du récit chevaleresque dans l’histoire – qui mêle les premières illustrations des manuscrits de Chrétien de Troyes, le Lancelot du Lac de Robert Bresson et les protagonistes des films de science-fiction de Paul Verhoeven, tels que Robocop et Starship Troopers.
Profondément influencé par la peinture italienne, Cogitore utilise le clair-obscur pour dévoiler seulement une partie de la scène, en permettant à chaque spectateur d’imaginer sa propre narration. Il se réapproprie l’image de la sculpture équestre et la transforme en apparition, suggérant un déplacement iconographique de ces monuments publics. Il propose ainsi une représentation atemporelle du pouvoir.
Martina Sabbadini, commissaire d’exposition

Biographie

Clément Cogitore (né en 1983 en France) vit et travaille entre Paris et Strasbourg. Diplômé de l’École supérieure des arts décoratifs de Strasbourg et du Fresnoy, il a été pensionnaire de l’Académie de France à Rome-Villa Médicis (2012). Son travail a été présenté dans plusieurs festivals cinématographiques internationaux (Cannes, Locarno, Lisbonne, Montréal) et au sein de nombreux musées et centres d’art, tels que le Palais de Tokyo et le Centre Pompidou de Paris, le Haus der Kulturen der Welt de Berlin, le Museum of Fine Arts de Boston et le MoMA de New York. Il s’est vu attribuer le Grand Prix du Salon de Montrouge (2011), le prix Le BAL de la jeune création (2015), le prix Sciences-Po pour l’art contemporain (2016) et le prix de la Fondation d’entreprise Ricard (2016). En 2015, son film Ni le ciel, ni la terre a été récompensé par le prix de la Fondation Gan au Festival de Cannes-Semaine de la critique et nominé pour le César du meilleur premier film.

Photo : Le Chevalier noir, 2012, C-print, vernis ultra gloss, 170 × 90 cm

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