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Aurélien Mole

Son œuvre :
Trous cousus, 2017 – sur les portes d’entrée du Beffroi

Voir l'image en grandLa dentelle, en tant que sujet photographique, revient de façon persistante dans les recherches sur les procédés photosensibles que mènent simultanément William Henry Fox Talbot et Hippolyte Bayard dans les années 1830-1840. Placée au contact d’une surface photosensible et exposée au soleil, l’ombre de la dentelle donne l’illusion d’être déjà son image. Peut-être est-ce parce que la dentelle est perçue comme différents trous cousus entre eux ? Elle entretient indubitablement un rapport avec la vision.
Trous cousus prend comme point de départ l’image d’un demi-gant, dont Bayard fait le photogramme en 1840. Ce demi-gant est dédoublé et reconstitué en images de synthèse, de façon à former un gant complet virtuellement articulé. À partir de cette matrice, un certain nombre de gestes sont édités sous forme d’images (un accord de piano, le fait de pointer quelque chose ou de tenir entre ses doigts une cigarette). Les gestes renvoient à l’histoire de l’art, à la sémiologie ou à la pornographie… Des domaines où la vision prime !
Bien sûr, le gant est vide et les trous cousus ouvrent sur du vide. On peut se demander si la mécanique érotique propre à la dentelle fonctionne encore, si celle-ci ne recouvre rien ? Mais est-ce le cas ici ? L’effet de dentelle étant redoublé par le support de l’impression : un adhésif microperforé qui permet de voir à travers l’image, lorsqu’on se trouve du côté obscur de celle-ci. On comprend donc que c’est bien de l’intérieur du gant qu’il est possible de voir.
Trous cousus est un jeu technologique autour de la vision. Il s’inscrit dans les recherches qu’Aurélien Mole effectue autour de la photographie et des autres technologies, qu’il aborde en considérant les potentialités de l’imaginaire technique propre à chacune.

Biographie

Aurélien Mole (né en 1975 à Téhéran) vit et travaille à Paris. Artiste, commissaire d’exposition, historien de la photographie, critique d’art, enseignant et photographe de vues d’exposition, il multiplie les expériences dans le champ de l’art et de sa réception. Postdocument (www.postdocument.net) – revue qu’il a cofondée avec Christophe Lemaitre et Rémi Parcollet – est un exemple de ce qu’il entend par des « expériences dans le champ de l’art et de sa réception ». En 2010, il a participé au 55e Salon de Montrouge.

Photo : Trous cousus, 2017

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