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Parcours adulte

Découvrez les 10 oeuvres incontournables de cette 62è édition. Ce parcours séduira les novices en art contemporain, tout comme les initiés.

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ELEVAGE DE POUSSIERE

52. Jeanne Briand, Gamete Glass
53. Manoela Medeiros, Déplacement d’espace, 2016 et Ruine #1, 2016
47. Linda Sanchez, 11752 mètres et des poussières

RECITS MUETS

36. Marianne Mispelaëre, Silent slogan
36. Marianne Mispelaëre, Mesurer les actes, performance
31. Lucie Planty, Collection particulière, 2016

FICTION DES POSSIBLES

21. Ghita Skali, Kit Kat Project, 2017
14. Suzanne Husky, Noble Pastorale

22. Kokou Ferdinand Makouvia, J’ai gardé le réflexe

SURVIVANCE DES TOURNURES

12. Nicolas Ballériaud, Incident
5. Tom Castinel, Börlin

52. Jeanne Briand, Gamete Glass

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Installation, Gamètes en verre soufflé, câbles USB, plastiline et silicone

Attention, immersion ! Une œuvre d’art contemporain peut prendre toutes les formes et mélanger une multitude de médiums. Ici, l’artiste propose une expérience auditive et plastique.

Au milieu de cette pièce, un socle rempli de sculptures en verre reliées les unes aux autres par des câbles USB. Ces sculptures, Jeanne Briand les appelle des gamètes. En génétique, un gamète est une cellule reproductrice qui quand elle fusionne avec une autre peut former un nouvel être vivant. Ici, chaque gamète en verre produit un son : cellules de vie, leurs souffles résonnent dans la pièce.

Les sons qui résonnent ont été enregistrés en studio, avec l’aide du producteur Romain Azzaro. Jeanne Briand a immortalisé des sons produits par les sculptures alors qu’elle soufflait dedans. Ainsi, elle a traduit par le son la méthode de production de l’objet : le soufflage de verre. C’est un art délicat qui ne s’improvise pas, mais grâce à l’aide d’un maître verrier, Jeanne Briand elle-même a pu souffler et sculpter les gamètes. Pour ces sons, comme dans le soufflage du verre, un art fragile, elle a voulu composer avec l’imprévu : par exemple, certains ont résonnés différemment grâce à de morceaux de scotch sur les gamètes. Ce travail a fait naitre un opéra de 7 études et 5 morceaux, gravés dans un vinyle en plexiglas, présenté dans le même espace. C’est une œuvre d’art totale.

A l’époque des corps augmentés par la technologie, Jeanne Briand propose des sculptures augmentées. L’organique, symbolisé par les gamètes, et la technologie se rejoignent dans une œuvre où la vie résonne littéralement.

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53. Manoela Medeiros, Déplacement d’espace, 2016 et Ruine #1, 2016

Voir l'image en grand Voir l'image en grandLes toiles de Manoela Medeiros auraient-elles été laissées à l'abandon ? Aspect en ruine, restes de peintures sur le sol... on a presque l'impression que les toiles sont là depuis des années, et qu'on les a laissées se détériorer. C'est exactement le but recherché !

Avec des techniques qui impliquent toujours son corps et demandent beaucoup de mouvement, Manoela Medeiros cherche à recréer dans ses toiles l'esthétique des bâtiments en ruine. Ces bâtiments à l’abandon sur lesquels on peut tomber au détour d'une rue la fascine. Pour elle, une ruine est quelque chose du vivant, parce qu'elle est le témoin du passage du temps. Sur un même mur on peut trouver des couches de peintures de dizaines de générations différentes.

Ici, elle a reproduit cet aspect grâce à deux techniques différentes. Dans Déplacement d'espace, comme une archéologue, l'artiste a collecté des morceaux de ruines trouvés dans des bâtiments abandonnés. Elle a ensuite assemblé ces morceaux sur un châssis à l'aide de plâtre. Le résultat final donne l'impression d'un morceau de mur capté dans une toile.

Pour Ruine #1 c'est l'inverse : elle a elle-même créé sa ruine. Sur une toile elle a peint des dizaines de couches de peinture les unes sur les autres. A chaque couche, elle a laissé sécher de longues heures avant de recommencer. Un fois ce premier travail terminé, elle est venue "excaver" la peinture, c'est à dire gratter les couches. Elle a alors fait apparaitre un motif coloré inédit. Elle a choisi de laisser au sol les traces de son travail et de l'excavation : elles font partie de l'œuvre, de la ruine.

Que ce soit en récoltant des morceaux de ruine ou en excavant la peinture, Manoela Medeiros est une véritable archéologue de la peinture !

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47. Linda Sanchez, 11752 mètres et des poussières

Voir l'image en grandLa poésie hypnotisante d'une goutte d'eau, voilà ce qu'a voulu saisir Linda Sanchez. Avec des moyens techniques qu'elle invente, bricole, cette artiste réinvente sans cesse les limites de la création plastique, notamment en vidéo. 11752 mètres et des poussières ne fait pas exception.

Ce long métrage (71 min) suit le parcours d'une goutte d'eau dans une chute. En très gros plan, une goutte glisse sur un support qu'on ne distingue pas. Il faut s'attarder quelques temps pour réaliser qu'elle semble tomber à l'infini ! Ni bord, ni décor, ni contexte. Juste cette goutte. Cette glissade sans fin est permise grâce à une ruse technique : c'est la surface qui remonte à contre sens de la descente de la goutte. Résultat : elle fait du surplace. Ce qui donne cette impression de glissade infinie.

La façon de filmer comme une course poursuite donne des airs de documentaire animalier à l'ensemble. La scène a été tournée sur un toit de château d'eau et les sons sont ceux de cet environnement : vent, chien qui aboie, cloches d'église… Le tout donne une impression de réel, en opposition à un phénomène physique qui est finalement impossible.

Regardez au passage les autres œuvres que présente Linda Sanchez au Salon : La détente II ou Le lacet. Chacune interroge la notion de déplacement et s’amuse avec des matières malléables de façon inattendue. Linda Sanchez joue avec les matériaux, leur comportement. Cette goutte nous apprend finalement à regarder avec curiosité les choses les plus simples.

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36. Marianne Mispelaëre, Silent Slogan

Voir l'image en grandLes gestes plus forts que les mots, nous dit Marianne Mispelaëre dans son « Slogan silencieux ».

En noir et blanc, dans des cadrages serrés ces cartes postales sont quelque peu inhabituelles. Un dénominateur commun entre toutes : des personnes faisant des gestes.

On est ici face à un véritable travail documentaire. Marianne Mispelaëre a créé une encyclopédie des gestes et pas n'importe lesquels : elle s'intéresse à ceux qui sont nés récemment, spontanément et qui unissent plusieurs personnes autour d'une même idée, d'une même cause. Typiquement, elle s'intéresse à des gestes nés dans des manifestations, comme les mouvements Black Lives Matter ou Occupy Wall Street. Derrière chaque carte postale, l'artiste a rédigé une petite légende qui résume en quelques mots l'apparition du geste, et sa signification.

Certains gestes peuvent choquer comme la très polémique "la quenelle" en France. Son idée est de tout montrer, en restant objective. Quitte à montrer des gestes qu’elle ne cautionne pas…

Peut-être vous étonnerez-vous de l'exécution de cette œuvre : les photos ne sont en effet pas l'artiste, mais trouvées sur Internet. Il faut comprendre que ce ne sont pas les photographies en elles-mêmes qui font oeuvre mais bien le travail dans son ensemble : les longues recherches, la sélection, le travail des images et leur mise en relation pour créer un ensemble fort. Une œuvre concept à regarder dans le détail pour en saisir la subtilité.

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36. Marianne Mispelaëre, Mesurer les actes, performance

Voir l'image en grandSi vous arrivez au bon moment, peut-être allez-vous découvrir l’artiste Marianne Mispelaëre en pleine action performative. En art contemporain, on parle de performance quand un artiste met son corps en action pour créer une œuvre. Il peut faire un geste prolongé, mettre son corps en danger, créer un objet en public… En tout cas, c’est ce moment de création qui fait œuvre. En d’autres termes : si on n’était pas là pour y assister en direct, on n’a pas vu l’œuvre. On peut en voir un vestige, une vidéo, mais ça ne sera pas l’œuvre. Derrière les performances, les artistes s’interrogent sur le concept de création et comment en repousser les limites.

Dans Mesurer les actes, Marianne Mispelaëre dessine une ligne pendant une minute sur un mur et recommence au bout d’une minute. Au pinceau, en noir, les lignes se forment, s’accumulent. Elle continue ainsi jusqu’à ce qu’elle soit obligée d’arrêter : fermeture de l’exposition, épuisement de la peinture ou même du corps de l’artiste…

Le même geste se répète et en même temps aucune ligne ne se ressemble. Le dessin est le fruit unique de son contexte de création. Au milieu de l’exposition, l’artiste est soumise à tout ce qui se passe autour d’elle : bruit, imprévu technique, public … Certaines lignes sont donc imparfaites, le dessin peut dériver. Il est le résultat inédit du moment. Création en public avec mise à l’épreuve du corps de l’artiste, Mesurer les actes, la performance artistique par excellence !

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31. Lucie Planty, Collection particulière, 2016

Voir l'image en grandCes tableaux ne sont que des fantômes… Regardez en détails, les cartels explicatifs annoncent une information étrange « date et lieu de disparition ». Car oui, La collection particulière que nous présente Lucie Planty n’est constituée que de copies. Pas d’escroquerie artistique ici, mais un devoir de mémoire puissant.

Lucie Planty a découvert sur internet la présence d’archives répertoriant les œuvres d’art spoliées par l’armée allemande pendant la Seconde Guerre Mondiale. Dans ces archives, peu de détails, juste des descriptifs sommaires de toiles. Parfois un format, une technique, une photographie en noir et blanc. Souvent, des dates imprécises de la disparition. Des fois, aucun auteur de la toile n’est nommé. Mais pour toutes la même histoire : ces œuvres sont aujourd’hui introuvables.

Révoltée contre ces disparitions, Lucie Planty a voulu redonner vie à ces toiles. Après une longue réflexion sur ce sujet délicat, elle a trouvé sa démarche. Pour établir une collection cohérente elle a sélectionné des œuvres dans les archives selon des critères : des portraits sur fonds colorés sans détail. Après cette sélection, elle a fait appel à un copiste professionnel pour repeindre les œuvres selon les informations parcellaires dont elle disposait.

Le résultat : des œuvres qui tentent de saisir l’intention des artistes originaux pour leur rendre hommage et surtout les faire revivre. Les toiles du copiste sont surement très différentes des œuvres disparues, mais ce n’est pas le but de ce travail. Lucie Planty présente d’ailleurs les copies nues, sans cadre : ces toiles ne sont que des substituts qui ne pourront jamais remplacer les originaux. La collection particulière de Lucie Planty fait réapparaitre un patrimoine qu’on a tenté de faire disparaitre. L’art au service de la mémoire.

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21. Ghita Skali, Kit Kat Project, 2017

Voir l'image en grandKit Kat Project , comme la célèbre confiserie ? Ghita Skali s'est posé cette même question quand elle a découvert l'existence d’un quartier du Caire portant le surnom de Kit Kat. Comment un petit quartier cairote peut se retrouver affublé du nom de la confiserie chocolatée mondialement connue ? Ghita Skali est intriguée et veut comprendre l'histoire de ce lieu.

Elle entame donc une longue recherche. Au commencement : Kitty une danseuse fonde son cabaret, dans les années 1930, le Kitty Kat dans un petit quartier du Caire. Peu à peu le nom du cabaret se fond avec celui du quartier, se modifie, devient KitKat.

En partant de cette découverte, Ghita Skali remonte le fil de l'histoire : mort de Kitty, disparition du cabaret pour devenir une mosquée, etc. Pour retracer l'histoire de ce lieu, l'artiste a voulu s'intéresser aux gens. Les humains le plus anonymes croisent les destins de personnages historiques.

Fruit de son travail : ce grand schéma mural. A vous de décrypter les histoires de ces gens, vous plonger dans leur vies, découvrir leurs personnalités parfois hautes en couleurs. Immergez-vous dans ce schéma compliqué, dans ces images et les sons qui l’accompagnent. Ecoutez aussi les conférences performances de Ghita Skali sur l'histoire du quartier. Et, sous vos yeux, naitra l'histoire d'un quartier qui vous deviendra presque familier. Il reflète l’histoire d’un pays et même d'un monde.

Ghita Skali nous montre ici qu'une œuvre d'art contemporain peut prendre toutes les formes : pas de sculpture détaillée ou de peinture virtuose, mais un travail de recherches de longue haleine dont le résultat offre une œuvre à la fois humaine et immense, reflet du monde et de ses habitants.

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14. Suzanne Husky, Noble Pastorale

Voir l'image en grandFamilière, cette tapisserie ? C'est possible, puisqu'elle s'inspire d'une des œuvres du Moyen-Âge les plus connues : La Dame à la Licorne. Cette série de 6 tapisseries représente sur un fond rouge une jeune femme dans un décor naturel idyllique. Dans des postures et actions diverses, elle symbolise les 5 sens. L’œuvre reste aujourd'hui célèbre de par sa beauté, mais aussi le mystère qui l'entoure. En effet, malgré des centaines d'hypothèses, il est encore impossible d'établir clairement la signification de la dernière tapisserie et son inscription énigmatique "A mon seul désir".

Suzanne Husky détourne cette 6ème tapisserie pour s'exprimer sur un sujet actuel : l'écologie et le militantisme écologique. Ici, plus de jeune dame romantique, mais un homme qui se dresse devant une machine. La nature abondante et paisible du Moyen-âge a disparu au détriment de souches d’arbres déjà abattus par la machine.

Les animaux dans le décor sont encore présents mais de nouveaux sont arrivés, discrets mais forts de symboles. Ici une petite musaraigne d'eau et là, un triton marbré. Ces deux petits animaux, Suzanne Husky ne les a pas choisis par hasard. Ce sont des espèces découvertes par des chercheurs sur le site du polémique aéroport de Notre Dame des Landes. Depuis le début de ce projet, le lieu est occupé par des militants écologistes qui tentent d’empêcher sa construction. La présence de ces petits animaux protégés, sur le terrain, fait partie des éléments qui ont permis de ralentir le projet.

Au milieu de ce décor célèbre, la machine parait monstrueuse, d’autant plus violente. Suzanne Husky détourne habillement un chef d’oeuvre populaire pour raconter un monde moderne où la nature ne représente plus un idéal paisible mais un lieu de luttes féroces.

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22. Kokou Ferdinand Makouvia, J’ai gardé le réflexe

Ces formes de bois et de caoutchouc dessinent des contours de pays. Difficile à voir et à croire ? C’est normal ! L’œuvre a subi un certain nombre d’étapes créatives avant d’arriver à sa version finale.

Grand voyageur, Kokou Ferdinand Makouvia, a commencé par dessiner les contours des pays qu’il a visités. Par le dessin, il s’autorise à miniaturiser des pays, des espaces normalement immenses. Ce dessin est libérateur : il considère en effet que les frontières de pays peuvent être à la fois rassurantes, parce qu'elles sont notre lieu de vie, mais aussi apparaitre comme des limites, des barrières.

Mais le travail ne s'arrête pas là. Sur des plaques de bois, il a repris ses dessins mais cette fois sans se référer aux pays. Il a laissé sa main suivre le mouvement réflexe né dans les premiers dessins, d'où le titre de son œuvre J'ai gardé le reflexe. De cette façon, de nouvelles frontières naissent, de nouveaux pays, fruits de l'imagination de l'artiste. Une fois les nouveaux contours dessinés, Kokou Ferdinand Makouvia les a découpés dans le bois, un matériau qu’il affectionne parce que vivant.

Pour finir, l'artiste qui adore faire dialoguer différents matériaux entre eux pour créer des objets inédits fait entrer en scène une nouvelle matière : le caoutchouc de chambre à air. Il vient assembler les morceaux de bois, leur donner encore un nouveau jour. Au final : des objets mystères, cartes incongrues qui invitent au voyage, à la balade dans un espace qu'on ne connait pas, car il n'existe pas.

En décrivant ce processus créatif, on réalise que parfois, le point de départ de réflexion d’un artiste n'est pas forcément visible dans le résultat final. Et c’est tant mieux, l’art est aussi un mystère…

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12. Nicolas Ballériaud, Incident

Voir l'image en grandSérie de 3 œuvres : Saint-Hygiène ; Queue de poisson ; Château fort - échelle 1/5

Cette série de trois œuvres peut paraitre incongrue : quel rapport entre ces triangles verts, une tour de blocs de béton et une étagère remplie de petits objets ?

Nicolas Ballériaud propose ici une phrase artistique, à lire de droite à gauche. On peut s'intéresser à chaque élément à part, comme un mot, ou alors essayer d'établir un lien entre tous les éléments. Cette phrase nous parle du temps, de ses différentes échelles. Le tout sous le nom d'incident : cette chose qui arrive de façon imprévue et change justement le cours du temps.

D'abord, Saint-Hygiène. Comme beaucoup de gens, en rentrant chez lui, Nicolas Ballériaud vide ses poches dans un bol. Tickets de métro, paquets de cigarettes, capsules de bière… Lui, voit ces déchets comme des témoins précieux du quotidien. Il a donc récupéré chaque petit élément et les a placés sur une petite étagère. Dans certaines langues les mots "hygiène" et "sainteté" se disent de la même façon : on est ici face à un extrait d'hygiène de vie.

Ensuite, Queue de poisson : une série de triangles verts en béton et fer à béton. Ces formes symbolisent les tracés préparatoires d’une construction de bâtiments, mais aussi les quadrillages utilisés pour la fouille archéologique. Le résultat est étonnant : des flèches qui semblent indiquer une direction. Le titre, Queue de poisson, évoque l'incident de la route. L'artiste parle donc à la fois de ce que l’on peut prévoir par des plans, mais aussi ce qui peut se produire d'imprévu, comme une queue de poisson.

Enfin, Château fort - échelle 1/5. Ici, l'artiste présente une maquette d'œuvre. Elle est une sculpture à part entière et symbolise en même temps, une étape de recherche. On peut voir 12 morceaux de béton, qui représentent des créneaux de château forts. Ici, ils forment une tour : pour l'artiste, elle représente à fois le système de défense, mais aussi le jeu le plus enfantin du monde : créer des châteaux de sable.

Au final, trois œuvres, trois rapports au temps : la vie quotidienne, l'incident de parcours, et le temps de la création.

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5. Tom Castinel, Börlin

Voir l'image en grandAttention à vous, vous voilà au milieu d'un ballet ! Et pas n'importe lequel, Relâche créé par Francis Picabia artiste français majeur et fondateur du mouvement Dada. Dada est un mouvement artistique d’avant-garde du début du XXème siècle, célèbre pour son humour et ses innovations qui ont marquées l’histoire de l’art.

Tom Castinel, lui, jeune artiste de son époque (et donc touche-à-tout notoire) s'intéresse à toutes les formes de création : sculptures, installation, performances, vidéos... Dynamiques, imposantes, énergiques ses installations mettent souvent le corps du spectateur au cœur de ses œuvres. Rien de mieux donc que le ballet d'un artiste dadaïste comme source d'inspiration !

A partir des dessins de Picabia imaginant les costumes de scène de son ballet, Tom Castinel a donné vie à ces personnages. En plexiglas, presque géants, suspendus dans les airs, les costumes deviennent danseurs, en mouvement perpétuel. Tout à coup, les grandes figures en noir et blanc suspendues dans l'espace dansent autour de vous, avec vous. L'œuvre porte d'ailleurs le nom de Börlin, le chorégraphe de Relâche et pas celui de Picabia : ce sont les corps, la chorégraphie qui intéressent Tom Castinel.

On le regarde de haut, comme un mobile d’enfant que se balance, et on s'immerge dans ce spectacle. Au milieu, on est à la fois acteur et spectateur du ballet. Avec des matériaux modernes, une présentation dynamique, Tom Castinel redonne sa folie burlesque à une création majeure de l’histoire de l’art. L’art contemporain c’est aussi cela : s’inspirer sans copier, rendre hommage pour créer.

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