• Imprimer

Parcours enfant

46. Jeanne Berbinau Aubry, Liqueurs, 2014

Voir l'image en grandAs-tu déjà senti une odeur que tu aimais tellement que tu aurais voulu la conserver pour toujours? C’est ce qu’a essayé de faire Jeanne Berbinau Aubry avec cette œuvre. Une œuvre d’art contemporaine peut prendre toutes les formes : même des odeurs ! Ce que tu vois dans ces tubes à essai ce sont des plantes macérées dans de l’alcool. Cela veut dire qu’elles sont plongées dans cet alcool depuis longtemps, et l’alcool sert à conserver la plante mais surtout son odeur.

Mais pourquoi les conserver ? Parce qu’elles viennent d’un lieu important : la Villa Médicis en Italie. C’est un palais en Italie qui appartient à la France où des artistes, écrivains, peintres, musiciens vivent et travaillent. C’est un lieu célèbre qui date de la Renaissance et qui a vu passer de très nombreux artistes renommés.

Jeanne Berbinau Aubry s’est rendue là-bas, et s’est promenée dans les jardins. Les odeurs étaient si belles, si fortes, et le lieu si impressionnant qu’elle a voulu immortaliser les sensations qu’elle a ressenties en conservant les odeurs de cet endroit. Elle y a donc cueilli des plantes et les a préservées dans de l’alcool. C’est maintenant aux visiteurs comme toi de sentir ces odeurs et essayer de t’imaginer, de reconstruire dans ta tête le paysage qu’elles représentent. Une peinture d’odeurs !

Retour au plan

45. Lingjie Wang et Jingfang Hao, Arc-en-ciel, 2013

Voir l'image en grandCréer un arc-en-ciel, sans pluie et sur le sol, c’est possible ! C’est l’exploit que réalisent les artistes Lingjie Wang et Jingfang Hao dans cette œuvre.

Pour cela, ils ont utilisé une matière qui les fascine : de la poussière de verre, associée à de simples spots de lumière. Quand les rayons de la lumière touchent cette matière, un arc-en-ciel apparait presque comme par magie. Surtout, n’hésite pas à bouger devant l’installation si tu ne vois pas tout de suite l’arc-en-ciel, il peut être capricieux.

L’explication de ce phénomène est scientifique, et la technique pour arriver à ce résultat est compliquée. Mais les artistes préfèrent la garder secrète. Ils ont envie que ce soit toi qui essaye de comprendre comment cette apparition se produit.

Tu peux aussi juste admirer l’arc-en-ciel, sans avoir envie de comprendre comment il s’est formé. Imagines ce qu’il peut raconter. Peut-être qu’une créature l’a fait apparaitre ? Peut-être que chaque couleur veut dire quelque chose ? L’important de laisser ton imagination te guider devant cette œuvre presque magique !

Retour au plan

48. Constance Sorel, Ciel de Traine, 2016

Voir l'image en grandDifficile à croire, mais les 20 photographies qui sont devant toi sont toutes les mêmes ! Un jour, l’artiste Constance Sorel a photographié un coin de ciel bleu à sa fenêtre. Ce beau ciel lui faisait penser à quelqu’un qu’elle venait de rencontrer : un homme qui fumait des cigarettes dont le paquet était de la même couleur que ce ciel.

Lui vient alors une idée d’œuvre : imprimer la même image dans différents magasins et observer les différences. Elle met donc sa photographie sur une clé USB qu’elle garde toujours sur elle quand elle se déplace. Pendant 3 mois, dès qu’elle passe devant une boutique où l’on peut imprimer des documents, elle fait imprimer sa photo de ciel. Elle choisit toujours le même format, celui du portrait. Mais le résultat est surprenant : l’image ne semble jamais être la même ! Les couleurs, le dégradé, tout est légèrement différent. Elle décide d’en imprimer 20, comme le nombre de cigarettes dans le paquet qui a inspiré cette expérience, et s’arrête.

Elle explique que ces 20 photos sont différentes et en même temps les identiques. Elles représentent ce qui se passe quand on décrit une personne que l’on vient de rencontrer à plusieurs amis. Chaque ami se représente l’inconnu de façon différente. C’est la même personne et pourtant personne ne se la représente tout à fait pareille. Personne n’a la même « impression » de la personne. Comme les impressions de la photo !

Retour au plan

29. Hélène Bellenger, Sans Titre (posters), 2016

Voir l'image en grandDes posters enroulés sur eux-mêmes, voilà ce qui constitue cette œuvre colorée. L’artiste qui a créé cette installation, Hélène Bellenger, aime travailler avec des objets « touristiques ». Les tasses, porte-clés, boite d’allumettes, que l’on achète en vacances, comme souvenirs. Elle a décidé de commencer une collecte de ces objets lorsqu’elle était en voyage en Finlande. Elle a remarqué que la plupart de ses objets souvenirs montraient des paysages qui se ressemblaient souvent beaucoup. Elle s’est alors interrogée sur la façon dont un paysage pouvait servir pour le commerce, la publicité.

C’est comme ça qu’elle s’est intéressée aux posters : elle a commandé ceux que tu vois sur internet en cherchant sur un site spécialisé « coucher de soleil sur plage et palmiers ». Une fois reçus, elle les a enroulés autour du tube en carton qui leur servaient d’emballage et les a disposés en une sorte de triangle. De cette façon, elle a essayé de reconstituer un seul paysage : le soleil au centre, avec son dégradé de couleurs autour, de l’orange au rouge au bleu, et les palmiers qui encadrent le bord de plage.

Installés ainsi, les rouleaux semblent former un seul paysage, autour duquel tu peux tourner pour le regarder sous différents angles. Hélène Bellenger montre de cette façon que ces images de paysages paradisiaques uniques, finissent par se ressembler un peu toutes. Ce sont des images tellement magiques qu’elles paraissent presque trop belles pour être vraies et deviennent interchangeables.

Retour au plan

34. Mathilde Chénin, Histoire des ensembles

Voir l'image en grandQuand on te parle d’une œuvre d’art, tu penses surement à une peinture, un dessin ou une sculpture. Mais ici rien de tout ça au contraire : que des post-it !

Plus jeune, l’artiste a participé à plusieurs groupes de parole où des gens réfléchissent à une autre manière de vivre en discutant. Elle a pris des notes de toutes ses réunions dans des carnets. Et puis quelques années plus tard, elle a ressorti ses carnets et a pioché des mots dedans. Ce sont les mots que tu vois sur les post-it. Elle les a disposés ensuite sur les murs pour qu’ils suivent un parcours.

L’artiste appelle cela des cartes, comme des cartes routières ou géographiques parce que les post-it forment une sorte de chemin en fonctionnant sur ce qu’on appelle des « associations d’idées ». Une association d’idées c’est quand un mot fait penser à un autre, qui fait penser à un autre et ainsi de suite. Chaque post-it répond à un autre. En plus du chemin, elle fait aussi très attention aux couleurs: chaque couleur répond à un code. Mais ce code est secret, l’artiste préfère que le visiteur s’invente lui-même les significations des couleurs.

Alors pourquoi des post-it ? Parce qu’ils représentent le monde du travail, mais aussi parce qu’ils servent à se souvenir. C’est un objet du quotidien, mais qui sauvegarde souvent des choses importantes : tellement importantes qu’on doit les noter. Mathilde Chénin te montre ici qu’on peut faire des œuvres qui racontent plein d’histoires, avec des objets qui semblent tout-simples.

Retour au plan

43. Julie Le Toquin, Robe écriture #2, 2016

Voir l'image en grandUne robe, une œuvre d’art ? Mais ce n’est pas une simple robe. Approche-toi, tu remarqueras que le motif de ce tissu est bien particulier. Ce sont des écritures ! Et pas n’importe lesquelles : l’artiste a recopié certains de ses journaux intimes sur le tissu. Si on prend le temps de lire, on peut donc découvrir les souvenirs de Julie Le Toquin lorsqu’elle était petite fille et adolescente.

Pour créer sa robe Julie Le Toquin a d’abord recopié son journal intime sur du tissus. Mais le tissu mesurant plusieurs mètres de long, elle a passé 6 jours à écrire ! Une fois ce tissu unique terminé, elle a pu coudre cette robe de souvenirs. Pourquoi une robe et pas un tee-shirt ou un pantalon, par exemple ? L’artiste explique que de toute son enfance jusqu’à ses 16 ans, elle ne se souvient pas avoir porté un pantalon : la robe c’est le vêtement qui la représente le plus.

Son idée derrière cet objet c’est de pouvoir porter ses souvenirs, les montrer à tous. Lorsqu’on écrit un journal intime on pense écrire un objet précieux et on essaye souvent de le cacher. Au contraire, Julie Le Toquin préfère montrer ses souvenirs et même les porter sur un vêtement. En les portant, elle peut s’en détacher, se dire qu’ils ne sont peut-être pas si intimes. D’ailleurs, si tu prends le temps de lire le texte sur la robe, tu trouveras peut-être des souvenirs que tu as toi aussi. Les textes de journaux intimes se ressemblent peut-être tous un peu…

Retour au plan

36. Marianne Mispeleare, Silent Slogan, 2016 – ∞

Voir l'image en grandD’habitude quel genre d’images voit-on sur des cartes postales ? Des jolis paysages, des monuments, parfois des plats typiques… Ce sont souvent des images heureuses, colorées, qui rappellent de bons souvenirs de vacances. Mais ici rien de tout ça ! Ce sont des photographies en noir et blanc, qui ont l’air beaucoup plus sérieuses. Vois-tu un point commun entre toutes ses images ?

Elles montrent toujours des personnes, des personnes en train de faire des gestes. Des gestes précis que l’artiste Marianne Mispeleare a choisi parce qu’ils sont apparus récemment dans le monde, et qu’ils ont une signification nouvelle. Ce sont souvent des gestes qui proviennent de manifestations, de gens qui revendiquent, se battent pour ou contre des idées. Dans ce genre de manifestations, les gestes remplacent souvent la parole, d’ailleurs, le titre de l’œuvre signifie « Slogan silencieux ».

Derrière chaque carte postale, elle a aussi écrit une petite légende, avec la date de la photographie et la signification du geste. Tu verras peut-être des gestes que tu ne connais pas, d’autres que tu connais peut-être mais qui vont te choquer. C’est volontaire : l’artiste veut montrer tous ces nouveaux gestes. Des gestes vus dans d’autres pays, des gestes choquants, etc. Marianne Mispeleare fait un travail documentaire, cela veut dire qu’elle veut que ces gestes restent en mémoire, c’est pour cela qu’elle les expose. Comme un livre d’histoire des gestes.

Retour au plan

14. Suzanne Husky, La Noble Pastorale, 2017

Voir l'image en grandCette tapisserie te rappelle peut-être quelque chose. Elle s’inspire d’une œuvre très ancienne, du Moyen-Âge, La dame à la licorne. Cette œuvre en 6 parties montre une jeune femme et une licorne dans une forêt. Chaque tapisserie représente les 5 sens : l’ouïe, la vue, le touché, l’odorat, et le goût. Elles ont pour personnage principale une jeune femme accompagnée d’une licorne, dans une forêt, avec différents objets et dans différentes positions pour illustrer les 5 sens.

La tapisserie de Suzanne Husky que tu vois est inspirée de celles du Moyen-Âge. C’est-à-dire qu’elle en reprend certains éléments, mais qu’il y a aussi des différences importantes. La jeune femme a disparu. Elle est remplacée par un tractopelle. La machine est en train d’essayer de couper un arbre. Regarde d’ailleurs le reste du paysage : tous les autres arbres autour ont déjà été abattus. Mais cette fois, un personnage se dresse devant la machine pour l’en empêcher ! L’artiste a choisi de s’inspirer d’une œuvre très ancienne pour raconter une histoire moderne : celle des gens, que l’on appelle activistes, qui décident de défendre la nature contre les destructions et les constructions modernes polluantes.

La grosse machine est tellement énorme et étrange dans ce joli décor du Moyen-Âge qu’on comprend tout de suite la violence de cet événement. En utilisant une œuvre ancienne très connue, l’artiste parle de l’actualité. Le titre aussi reprend cette idée : une « pastorale » c’est un style d’écriture qui raconte l’harmonie entre les hommes et la nature. C’est cette idée que veut protéger l’activiste qui se dresse devant la machine.

Retour au plan

12. Nicolas Ballériaud, Saint-Hygiène, 2016-2017

Voir l'image en grandTu reconnais surement des objets de la vie de tous les jours dans cette curieuse installation. Ces petits objets sont présentés sur des étagères en bois, bien espacés, exposés et visibles comme s’ils étaient très importants.

En fait, ils sortent tout droit des poches de l’artiste, Nicolas Ballériaud. Comme beaucoup de gens, chaque soir, arrivé chez lui, il vide ses poches dans un petit bol. Ticket de métro, morceau de papiers, capsules de bière, etc. Comme Nicolas Ballériaud est un artiste, un soir lui vient l’idée de présenter ces petits objets comme des sculptures. Il prend donc ces petits témoins de sa vie de tous les jours et les dispose sur une étagère. Il les fixe juste avec un petit point de colle sans les modifier.

Pourquoi faire cela ? Nicolas Ballériaud ne veut pas essayer de rendre beaux ces petits objets, il veut montrer qu’ils sont déjà beaux et qu’ils méritent d’être exposés au même titre que les sculptures beaucoup plus compliquées qu’il présente au Salon. Il veut mettre en valeur la beauté de la vie quotidienne. Mêmes les objets les plus banals racontent quelque chose d’une personne, sa journée, sa vie. Parfois la beauté se trouve dans les plus petits détails !

Retour au plan

1. Cat Fenwick, Between Two Stools

Voir l'image en grandD’après toi, quel morceau tient l’autre, dans cette installation ? Est-ce que ce sont les morceaux de bois qui tiennent les vases en faïence ou a les vases qui permettent aux morceaux de bois de se caler contre le mur ?

Les morceaux de bois s’appellent des « étais », ils sont utilisés dans le bâtiment pour soutenir les murs, les plafonds, pendant des constructions. Cat Fenwick a utilisé ces morceaux de bois car elle s’intéresse beaucoup à l’architecture, l’art d’imaginer et construire des bâtiments.

Les vases, en haut, sont en faïence, une matière utilisée pour fabriquer des vases mais aussi de la belle vaisselle. Ici, les vases paraissent écrasés, pliés sur eux-mêmes à cause des étais en bois. Pour les créer Cat Fenwick a d’abord fait sculpter ses vases par une céramiste. Elle a ensuite récupéré ses vases mous avant cuisson (la faïence doit être cuite pour durcir). Elle a écrasé ses vases dans le bois et ensuite seulement les a fait cuire avec les formes écrasées.

Cela donne l’impression de vases tout-mous, alors qu’ils sont durs. C’est volontaire ! L’artiste veut qu’on se questionne sur la matière qu’elle a utilisée et qu’on ait envie de toucher pour comprendre. Tu peux remarquer aussi que cette sculpture n’est pas très colorée, les vases sont blancs et mats. Là aussi c’est un choix de l’artiste, elle veut mettre en valeur les matières, le bois et la faïence, et la façon dont elle a construit son œuvre.

Retour au plan

HAUT DE PAGE