• Imprimer

François Dufeil

Vit et travaille à Bagnolet. Né à Rennes en 1987

francoisdufeil.fr

Dufeil François, Pilon à vapeur, 2018, Bouteilles de gaz, extincteurs, acier, laiton, aluminium, inox, béton, bois, 237 x 175 x 198cm, ©François Dufeil

Dufeil François, Boudineuse, 2018, Extincteur, acier, aluminium, inox, corde, 20 x 160 x 20cm, ©François Dufeil

Dufeil François, Le Vauban, 2017, Aluminium, Dimensions variables, ©François Dufeil

Dufeil François, Fièvre obsidionale, 2017, Acier, cyprès macrocarpa, lampe à sodium, 150 x 700 x 70cm, ©François Dufeil

Opposer des contre-dispositifs aux dispositifs, se réapproprier les moyens de production pour créer des sortes de zones d’autonomie temporaire : voici les principaux axes de travail de François Dufeil, donnant lieu à des installations, des maquettes, mais aussi à des sculptures-outils fonctionnant en circuit ouvert, disponibles pour de nouveaux agencements et usages. Nul hasard si, avant d’intégrer les Beaux-arts d’Angers, l’artiste a commencé son parcours chez les Compagnons du Devoir du Tour de France, un apprentissage dont il a conservé l’ambition de faire communauté dans une logique de collaboration et de partage des savoirs.

C’est au sein du collectif Wonder/Liebert, dont il est l’un des membres fondateurs, actuellement situé dans une ancienne entreprise de Bagnolet et régulièrement menacé d’expulsion pour cause de réaménagement urbain, que François Dufeil conçoit ses pièces depuis plusieurs années. Prenant la forme d’un système de défense Vauban, la structure en acier ornée de cyprès intitulée Fièvre obsidoniale (2017) semble directement répondre à cette situation, celle d’un urbanisme qui, sous couvert d’amélioration des conditions d’existence, est en réalité conçu, consciemment ou non, comme dispositif de régulation et de normalisation des comportements. Participant de cette logique de réappropriation, Fonderie somnolente (2017), Boudineuse et Pilon à vapeur (2018) sont des sculptures-outils respectivement destinées à fondre, extruder et pulvériser de la matière. Fabriquées à partir d’éléments de récupération, elles peuvent à leur tour engendrer de nouvelles pièces, comme par exemple une monnaie d’urgence (Mise en circulation, 2016), mais aussi servir à d’autres artistes librement invités à en faire usage. Inscrites dans des chaînes de production et de coopération constamment renouvelées, les œuvres de François Dufeil génèrent ainsi leur propre écosystème, toujours perméable au dehors.

Sarah Ihler-Meyer

HAUT DE PAGE